Santé

3 questions à André Accary, Président du Département

Trois ans après l’annonce de la création de ce dispositif qui a permis de recruter et salarier 55 médecins généralistes, et d’ouvrir 24 lieux de consultations en Saône-et-Loire, le Président André Accary dévoile les nouveaux projets dans le cadre du volet 2 du Centre de santé départemental.

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3 questions à...

André Accary, président du Département de Saône-et-Loire

 
La santé ne relève pas des compétences départementales, pourquoi vous y être intéressée ?

La santé est la préoccupation de 81% des Français, selon un sondage IFOP pour le Journal du Dimanche du 10 mai dernier. La désertification médicale, en milieu rural mais aussi dans les agglomérations, est une réalité. Nous avons fait le constat dès 2016 avec 110 médecins généralistes seulement pour 100 000 habitants en Saône-et-Loire, soit 635 libéraux ou salariés et un nombre prévisible de départs à la retraite pour 35 % d’entre eux. Les nombreux dispositifs déployés tous azimuts montraient leurs limites, nous nous devions d’agir. La santé n’est pas de notre compétence mais devant l’urgence de la situation, nous ne pouvions rester les bras croisés.

Ce constat vous a permis de créer le centre de santé départemental, où en cette solution ?

J’ai en effet pris mes responsabilités en créant en 2017 le premier centre de santé départemental de France. En deux ans, ce dispositif a permis de recruter 55 médecins généralistes salariés et d’ouvrir 24 lieux de consultations.
Aujourd’hui 15 000 personnes ont retrouvé un médecin traitant, 75% des Saône-et-Loiriens disposent d’un lieu de consultation à moins de 15 minutes de chez eux. Nous continuons le recrutement. Pour autant, nous sentons bien dans nos territoires qu’il faut aller encore plus loin.

Aller plus loin, c’est recruter des spécialistes ?

Notamment. Comme pour les médecins généralistes, de nombreuses spécialités sont aujourd’hui en sous-densité en Saône-et-Loire* : 3,4 de dermatologues pour 100 000 habitants contre 5,6 en France ; 8,5 de cardiologues contre 10,4 ; 7,2 d’ophtalmologues contre 8,5 ; 2,3 de gynécologues contre 4,1 pour ne citer qu’eux. Les solutions ? Le recrutement direct, les partenariats avec les libéraux ou établissements hospitaliers, la télé-expertise. D’autres projets sont lancés pour compléter et étendre les heures de garde, renforcer les équipes avec des assistants médicaux ou en formant des étudiants en médecine.

 

 

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